En plein été, on pourrait croire que l’eau est une denrée rare en Provence. Les sols sont secs, les rivières et ruisseaux crachent de faibles débits et bon nombre de sources se tarissent. L’eau peut même, par endroit, paraitre totalement absente !

Sur le Verdon, des aménagements d’envergure faussent cette réalité. Ils nous permettent de pratiquer de nombreux activités aquatiques. Tentons de savoir quels sont les différents usages de l’eau du Verdon et leurs conséquences.

Provence : un régime de précipitations atypique

Pourtant, ici les précipitations annuelles ne sont pas plus faibles qu’ailleurs, c’est leur répartition qui est particulière. En Provence, il pleut plus rarement qu’ailleurs, par contre quand il pleut, c’est plus violent ! L’accumulation des précipitations est donc dans la moyenne nationale. En revanche, sa répartition est mal répartie dans le temps : il pleut très rarement en été et beaucoup au printemps et à l’automne. En témoigne la pluviométrie moyenne par jour de pluie, on compte 10mm à Marseille contre 7mm à Brest.

Des ouvrages pour tirer profit du Verdon

L’eau se fait donc rare en été, quand on a le plus besoin. Alors, l’homme a du chercher des solutions pour trouver de l’eau, la recueillir, la garder et la faire venir. Comme nous le savons l’eau est essentielle à tous les êtres vivants, sans elle, pas de vie.

Depuis des milliaires, les habitants de la Provence ont dû faire preuve d’ingéniosité pour satisfaire leurs besoins en eau. Les vestiges d’aqueducs, antiques et médiévaux, à travers tout le territoire montrent à quel point l’eau était vitale et nécessaire à chaque cité. Très bien conservé, l’aqueduc de Frejus en témoigne.

Plus récemment, la croissance et l’expansion des villes méditerranéennes comme Marseille et Aix-en-Provence a obligé l’homme à œuvrer pour détourner l’eau des bassins alpins de la Durance et du Verdon.

Aujourd’hui, le canal de Provence en est le meilleur exemple. Construit dans les années 50, il récupère l’eau du Verdon au niveau de Gréoux les Bains pour alimenter Aix-en-Provence et Marseille. Un tiers de l’eau du robinet des marseillais est celle du Verdon, les deux autres tiers proviennent de la Durance via son propre canal. Sur son passage, le canal de Provence, long de 271km, majoritairement souterrain, dessert 111 communes en eau potable et plusieurs milliers d’exploitations agricoles à des fins d’irrigations.

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Rafting et randonnée aquatique, activités tributaires des barrages

Les activités d’eaux vives, elles, sont tributaires des aménagements hydroélectriques de Castillon et Chaudanne. En effet, ces barrages ont été construit pour un autre usage : la production d’électricité. Via des lâchers d’eau (turbinés) en amont de Castellane, l’eau du Verdon fait tourner des turbines afin de transformer l’énergie de l’eau en électricité. C’est pour nous l’occasion de descendre en rafting. Quand le barrage est fermé, un débit d’eau “réservé” est restitué, celui-ci nous permet de pratiquer la randonnée aquatique, comme par exemple dans le Couloir Samson.

Dans les basses gorges du Verdon, on peut visiter les vestiges d’un ancien canal, celui du Verdon. Construit au XIX et long de 80km, il amenait les eaux du Verdon depuis Quinson jusqu’à Aix-en-Provence. Il n’est plus utilisé aujourd’hui mais un sentier permet d’arpenter sa rive escarpée, une très agréable balade entre histoire et nature.