Emblématiques et bien implantés dans les gorges, les vautours du Verdon méritent d’être mieux connus. Chez Raoul Rafting, notre passion pour la faune sauvage nous a poussé à créer des sorties dédiées à l’observation de ces grands rapaces. 

Grands planeurs, grégaires, équarrisseurs naturels par excellence, équipés d’une vue ultra développée et d’une anatomie qui ne laisse rien au hasard, ces oiseaux ont tout pour attiser notre curiosité. Pour le plus grand plaisir des yeux, les observer est une porte d’entrée pour mieux les connaître. Afin de vous aider à pousser cette porte, nous vous proposons un moment de partage de connaissances sur ces oiseaux emblématiques. 

Leur histoire, leur biologie, leur longue période de reproduction, leurs interactions avec l’homme ou encore leur mode de vie en groupe sont autant de sujets passionnants à découvrir. Quoi de mieux que de le faire à leur côté, sur des points d’observations stratégiques avec du matériel d’observation adapté

Prendre le temps d’observer les Vautours, c’est souvent rencontrer d’autres espèces d’oiseaux nicheurs en falaises : Grand corbeaux, Faucons pèlerins, Aigles royaux, Craves à bec rouge ou encore Martinet à ventre blanc, sédentaires ou seulement présents à la belle saison, ces oiseaux sont tout aussi fascinants

Nos sorties Vautours

Afin de favoriser des échanges de qualité et une proximité avec chaque membre du groupe, nous fonctionnons avec des petits groupes. 

  • 10 personnes maximum par groupe
  • 1h30 d’observation encadrée
  • matériel d’observation ornithologique fournis
  • 15€/personne

Famille

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À partir de 8 ans

Ados & Adultes

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À partir de 15 ans 

Sur-mesure

Entreprise, école, famille, EVG, EVJV…

 

Mieux connaitre le Vautour fauve pour mieux le protéger

S’il y a bien un animal emblématique des Gorges du Verdon, c’est sans aucun doute le Vautour fauve. De par sa taille et son nombre, cet oiseau ne passe pas inaperçu et de nombreux belvédères rendent son observation aisée.

Les voir c’est bien mais les connaître c’est encore mieux !

Les habitants des villages de Castellane, La Palud sur Verdon, Moustiers Sainte Marie, Trigance ou Aiguines sont habitués à leur présence. Les vacanciers curieux peuvent aussi facilement les observer. Mais connaissent-ils leur histoire, leur réintroduction, leur biologie, leur mode de vie grégaire, leur dépendance au pastoralisme ou les menaces qu’ils subissent ?

Il y a en effet beaucoup de choses à apprendre sur ces oiseaux, alors zoom sur cette espèce fascinante !

Un peu d’étymologie

Vautour nous vient du verbe latin vellere qui signifie arracher, déchirer. Ce sont des rapaces, un mot lui aussi issu du latin puisqu’il s’agit du verbe rapere qui veut dire emporter.

Le mot vautour, vulture en anglais est un nom vernaculaire qui regroupe 23 espèces dans le monde. Le plus grand et l’un des plus connus est le Condor des Andes avec ses 3m50 d’envergure. En France, on trouve quatre espèces de Vautours : le Vautour fauve, le Vautour moine, le Vautour percnoptère et le Gypaète barbu.

Une histoire tourmentée !

L’histoire de ces oiseaux a démarré il y a bien longtemps. Des fossiles attestent la présence de vautours il y a 20 000 ans. Avant la sédentarisation de l’homme, ces oiseaux vivaient sur l’ensemble de l’ancien et du nouveau monde. Ils se nourrissaient de carcasses de grands mammifères sauvages, souvent mis à mort par les Loups, Lynx ou Ours. La raréfaction d’une grande partie de cette source de nourriture avec le développement des sociétés humaines aurait pu provoquer leur extinction.

Finalement, les Vautours ont su s’adapter et s’habituer pour progressivement tirer profit des activités d’élevage. La nourriture des troupeaux domestiques est venue remplacer celle des animaux sauvages, ce qui les a rendus dépendants des activités humaines.

En France, au début du siècle dernier, il était possible de rencontrer ces grands planeurs en nombre sur toute la moitié sud du pays. Mais la folie des hommes a bien failli les faire disparaître. Les Vautours ont en effet subi de très fortes persécutions jusqu’au début du XXème siècle. Par manque de connaissances, les rapaces en général étaient considérés comme des animaux nuisibles qu’il fallait tuer par tous les moyens. Ces oiseaux n’ont rien pu faire contre le développement des armes à feu et l’empoisonnement des grands prédateurs. En France, au début des années 70, il ne restait plus que cinquante couples de Vautours fauves dans les Pyrénées !

Des passionnés se sont alors mobilisés pour sauver in extremis ce dernier bastion français. Les rapaces sont ensuite devenus des espèces protégées par la loi et des programmes de réintroduction de Vautours ont vu le jour. On compte aujourd’hui un plus de 2500 couples de Vautours fauves en France dont près de la moitié est située dans les Pyrénées. Ailleurs, des colonies sont bien installées dans les Causses, les Baronnies, dans le Verdon et le Vercors.

Dans les gorges du Verdon, la première opération de réintroduction a eu lieu en octobre 1999, après plusieurs années d’étude et de préparation, douze Vautours fauves ont été relâchés à Rougon. Grâce au travail des agents de la LPO PACA, la population a bien grandi depuis puisque l’on compte 364 couples en 2023.

Vautours fauves : les reconnaître

Sur la troisième marche du podium des plus grands rapaces européens, le Vautour fauve peut atteindre une envergure de 2m80 pour les plus grands individus. En première place se situe le Gypaète barbu avec ces 3m suivi du Vautour moine, 2m95.

Il est bien plus imposant que la plupart des grands rapaces diurnes et nocturnes français. De longues et très larges ailes, une queue courte et carrée, un plumage qui va du brun au brun foncé, un bec fort, un long cou recouvert de duvet et une collerette blanche à la base de celui-ci le caractérisent. Incapable de porter un objet dans ses serres, ses grosses pâtes lui permettent uniquement de marcher ou de se poser.

Des falaises pour le gîte et des troupeaux pour le couvert

Les Vautours fauves nichent dans une cavité en falaise. Les parois rocheuses sont aussi des lieux de repos, de dortoir ou de rassemblement. En plus du milieu rupestre, ils ont besoin de la présence de troupeaux domestiques pour se nourrir.

Le territoire du Verdon, avec son canyon, ses multiples gorges et parois calcaires et la forte implantation de l’activité pastorale est donc un territoire idéal pour cet animal.

Un oiseau très social tributaire de ses congénères pour trouver de la nourriture

À l’image des manchots ou les Flamands roses, les Vautours fauves sont grégaires, c’est-à-dire qu’ils vivent en colonie. Elle peut compter quelques dizaines à plusieurs centaines de couples. L’intérêt principal de ce mode de vie est de faciliter la recherche de nourriture.

En vol, leur vue très développée leur permet de repérer un cadavre à 5 km. Cela signifie qu’ils sont aussi capables de se voir les uns les autres, même à grande distance. Lors d’une recherche alimentaire, ils vont ainsi se disperser en vol sur un vaste territoire, tel un réseau de surveillance. Lorsqu’un individu repère une carcasse, il s’en approche et par la même occasion indique la présence de nourriture au reste du groupe. En l’espace de quelques minutes, des centaines de Vautours peuvent ainsi se retrouver sur une charogne ! C’est ce que l’on appelle la curée.

Alimentation et stratégie de prospection

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Légende droit

Tous les vautours sont des charognards stricts, c’est-à-dire qu’ils ne consomment que des animaux morts.

De par leur physique, ils sont incapables de tuer. En revanche, ils sont très bien équipés pour fouiller les carcasses et en extraire les tissus mous, muscles et viscères. On dit qu’ils sont “tireurs-fouilleurs”.

Véritable “cul de sac épidémiologique”, leur système digestif les met à l’abri de toutes les maladies véhiculées par les cadavres dont ils se nourrissent. Ils participent donc à la prévention de maladies infectieuses par la limitation de la dispersion des organismes pathogènes. Ils jouent ainsi un rôle important “d’éboueurs de la nature”.

La curée peut être naturelle ou semi naturelle. C’est-à-dire que des cadavres de brebis peuvent être collectés sur le bassin de vie des Vautours pour être déposés sur des placettes d’alimentation. Ces sites d’équarrissage sont souvent situés à proximité des exploitations agricoles afin de permettre aux éleveurs d’y déposer leurs pertes d’élevage sans faire appel à un service d’équarrissage industriel. Les éleveurs ne sont pas autorisés à laisser un cadavre dans la nature pour des questions sanitaires.

En France, leur nourriture est composée de 70% d’animaux d’élevage, principalement des brebis et 30% d’animaux sauvages comme des sangliers, chamois ou encore chevreuils.
Deux à trois repas par semaine leur sont nécessaires mais ils sont aussi capables de jeûner jusqu’à trois semaines si la nourriture se fait plus rare.

Des planeurs par excellence

Les carcasses de grands mammifères sont des ressources relativement rares dans la nature. L’évolution a donc équipé les Vautours pour que la recherche de nourriture soit économique en terme de dépense énergétique. C’est pourquoi leurs grandes ailes leur permettent de planer ou d’utiliser les courants d’air, sans effort. Ils sont ainsi capables de parcourir des dizaines de kilomètres sans un battement d’aile !

Différents types de vols peuvent être utilisés en fonction des besoins et des conditions aérologiques :

  • Vol battu pour l’atterrissage, le décollage ou la prise d’ascendance,
  • Vol plané pour glisser d’un point à un autre
  • Vol ascendant en spirale dans masse d’air chaud qui s’élève (vol thermique), avec la force du vent qui rencontre un relief et remonte (vol dynamique)

Une longue période de reproduction

Comme tous les oiseaux, les Vautours du Verdon se reproduisent chaque année. Les couples sont unis pour la vie mais les copulations extra conjugales sont fréquentes.

Calendrier de la longue période de reproduction :

  • Construction du nid et parades aériennes : décembre – janvier
  • Ponte d’un oeuf : janvier – février
  • Incubation : 53 jours
  • Eclosion : Mars – Avril
  • Elevage : 4 mois printemps – été
  • Premier envol (déjà la taille d’un adulte) : août
  • Autonomie alimentaire à partir d’octobre

Ils atteignent la maturité sexuelle à l’âge de 4 ans, avant ce stade, on dit qu’ils sont jeunes ou immatures. La mortalité au nid est élevée, ⅓ n’arrivent pas au premier envol, ils peuvent tomber du nid et la prédation des oeufs et des poussins par les Grands corbeaux est importante.

À l’automne, de nombreux jeunes quittent leur territoire de naissance pour un plus ou moins grand voyage. Ce phénomène, appelé erratisme, peut les conduire aux quatres coins de l’Europe ou parfois même en Afrique. La majorité d’entre eux reviennent ensuite sur leur lieu d’origine alors que certains choisissent de s’installer dans d’autres colonies. Par exemple, un jeune vautour naît sur les falaises des gorges du Verdon en 2009 a été observé en janvier 2010 lors d’une curée au Sénégal !

Ils vivent en moyenne jusqu’à 28 ans, c’est d’ailleurs l’âge (en 2024) du plus vieil individu de la colonie du Verdon, les plus vieux peuvent vivre jusqu’à 40 ans.

Les Vautours, le groupe d'oiseaux le plus menacé au monde !

Les populations françaises et espagnoles sont les seules à bien se porter. Partout ailleurs, les Vautours subissent de fortes régressions, et particulièrement ces vingt dernières années. En Europe de l’est, ils sont les victimes collatérales de l’empoisonnement des mammifères sauvages réalisés par l’homme pour limiter la présence du loup. En Afrique de l’est et australe, les trafiquants d’ivoire empoisonnent les carcasses pour tuer les vautours dans le but ne pas se faire repérer par les rangers. En Asie, 99% des vautours ont disparu à cause d’un anti-inflammatoire donné au bétail, une étude a montré que la disparition des vautours en Inde est responsable de la mort de 500 000 personnes entre 2000 et 2005, elle soulève ainsi le rôle essentiel de nettoyeurs de la nature de ces oiseaux.

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